Étude

Près de 66 % des artisans interrogés impactés par la guerre en Ukraine

Le 05/07/2022
par CMA 19
La chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de Nouvelle-Aquitaine communique les résultats d’une enquête de conjoncture centrée sur les conséquences de la guerre en Ukraine. Près de trois mois après le début du conflit, 66,3 % des chefs d’entreprise artisanale de Corrèze interrogés déclarent rencontrer des difficultés.
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LE COÛT DES CARBURANTS ...

... pointé par la majorité des artisans

Le coût des déplacements arrive en tête avec 88,9 % des difficultés citées, suivi du coût des matières premières (79,4 %).

La baisse du pouvoir d’achat de la clientèle est citée en 3e niveau d’importance avec 74,6 %.

Suivent ensuite le coût de l’énergie (60,3 %), les problèmes d’approvisionnement (50,8 %), et la renégociation des devis (22 %).

UN NIVEAU DE FRAGILITÉ ...

... des entreprises artisanales élevé

Près de la moitié (47,4 %) se dit en situation de fragilité financière. Le niveau bas de la trésorerie est la fragilité la plus citée (81,4 %), devant la réduction des marges (58 %).

Sont ensuite évoqués, l’allongement des délais de paiement (25,6 %), l’augmentation des impayés (18,6 %) ou bien l’échéance du remboursement du PGE (11,7 %).

DES BESOINS EN INFORMATION IMPORTANTS

54 % de l’ensemble des répondants expriment le besoin d’être informés sur les mesures de soutien aux entreprises. 4,7 % souhaitent être informés sur les possibilités de venir en aide aux Ukrainiens, 4,7 % sur la cybersécurité et 2,3 % sur les sanctions concernant les exportations vers la Russie.

PLUS 67 % DE RÉPONDANTS INQUIETS ...

... sur l’avenir de leur entreprise

Questionnés sur leur niveau de confiance en l’avenir, 3 % se disent très confiants, 29,5 % plutôt confiants, 55,8 % plutôt pas confiants et 11,6 % pas du tout confiants.

COMMENT S’ORGANISER ...

... pour répondre à la crise ?

→ 43,16 % des répondants pensent optimiser au maximum leurs consommations énergétiques.

→ 35,8 % envisagent d’améliorer leur stratégie commerciale.

→ 33,7 % pensent diversifier les fournisseurs.

→ 28,4 % n’envisagent pas d’actions préventives particulières.

→ 5,2 % envisagent de modifier leur organisation interne.

→ Enfin, 21 % des répondants souhaitent être contactés par un conseiller de leur CMA.

Témoignage : « J’ai repris un emploi à mi-temps en tant que salariée ». Delphine Mellet-Fourrier, DMF création, artisan maroquinier à Estivaux (Corrèze). 

En reconversion professionnelle lorsque la crise sanitaire éclate, Delphine Mellet-Fourrier suit une formation afin de passer le CAP maroquinerie. Elle en sort diplômée mais, confinement oblige, les marchés sont alors fermés, elle reporte donc la création de son entreprise, qu’elle ouvre en mai 2021. Un an plus tard, elle confie avoir déjà fait évoluer son concept : « Face aux hausses des prix du gasoil, j’ai dû réduire mes déplacements, je privilégie les boutiques éphémères aux marchés. » Les clients dépensent moins : « J’ai repris un emploi à mi-temps en tant que salariée pour compenser, je travaille donc tous les jours, je fais les marchés pendant le week-end, et je fabrique mes produits durant la semaine », précise l’artisane.

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