Interview

« Nous voulons être l'accompagnateur de cette sortie de crise »

Le 01/07/2020
par CMA de la Dordogne
Trois questions à Didier Gouraud, président de la délégation Dordogne de la Chambre de métiers et de l’artisanat interdépartementale.
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Le Monde des Artisans : Quel est votre bilan de l’activité des équipes de la CMA24 durant ces 9 semaines de confinement ?

Didier Gouraud : Depuis le premier jour, l’ensemble des agents ont été mobilisés pour écouter, conseiller et rassurer les artisans de Dordogne, à distance, par téléphone ou par mail. Pendant toute la durée du confinement, plus de 5 000 contacts ont été établis par cette cellule pour aiguiller, aider à monter les dossiers de demandes d’aide, vérifier les informations qui circulaient partout. Notre mission de formation des artisans a également pu continuer, grâce au déploiement d’un éventail de formations en ligne, qui ont rencontré un beau succès. Du côté du CFA, les équipes sont aussi restées en activité, en proposant des cours à distance pour les apprentis et en s’organisant au mieux pour préparer la reprise des cours et le passage des examens.

Pour soutenir l’activité des entreprises restées ouvertes, une carte interactive a permis aux artisans de signaler leur poursuite d’activité. Plus de 400 d’entre eux ont ainsi été répertoriés. Sur le même modèle, le 1er mai, une carte a été spécialement mise en place pour géolocaliser les fleuristes qui vendaient du muguet. 5 000 masques chirurgicaux, mis à disposition par le Conseil départemental, ont été distribués aux artisans et organisations professionnelles.

La solidarité des artisans a fonctionné à plein régime, dans le département avec de multiples exemples de productions de masques lavables, de visières imprimées en 3D pour des collègues, les habitants de sa commune, la vente de muguet par des commerçants restés ouverts pour soutenir la fleuriste du village… 

La Chambre de métiers a rouvert ses portes dès la fin du confinement pour accueillir de nouveau les artisans, apprentis, repreneurs et créateurs d’entreprise, avec les protocoles nécessaires au strict respect des mesures barrière. 

LMA : Quels engagements la CMA24 a pris pour accompagner les artisans dans cette période de reprise difficile et exceptionnelle ?

D.G. : Nos conseillers continuent, depuis le déconfinement, à accompagner les artisans dans leur relance économique, en particulier les plus fragilisés, via le programme Rebond. Une cellule de soutien psychologique est également mise en œuvre, pour les chefs d’entreprise en grandes difficultés suite à cette crise. Des solutions de formations, en présentiel ou à distance sont mises en œuvre pour aider les artisans à pérenniser et relancer leur activité : communication digitale, développement commercial, gestion et ressources humaines… Nous avons souhaité relancer la campagne de promotion « Vivons local, vivons artisanal », qui avait démarré en 2019. Elle prend aujourd’hui tout son sens dans un contexte où il est important de soutenir l’activité de nos entreprises en consommant chez elles, au plus près de chez nous. Nous continuons également à maintenir le lobbying auprès des élus locaux et nationaux pour défendre les intérêts des entreprises artisanales et l’apprentissage.

LMA : Quel message souhaitez-vous faire passer à vos collègues artisans ?

D.G. : Il est primordial pour nous que la CMA soit l’accompagnateur de cette sortie de crise. Nous comptons bien aider les plus fragiles et soutenir les actions économiques qui permettront aux entreprises de relever la tête et de retrouver petit à petit leurs performances passées. Nous nous positionnons comme l’interlocuteur privilégié entre les donneurs d’ordres (mairies, communautés de communes, Département, Région, État) et les artisans. Nous devons être partie prenante des différents plans de relance qui seront proposés. Il faudra également tirer des enseignements de cette période, pour être plus prompts à réagir si une telle situation devait se reproduire. D’autres changements brutaux nous affectent déjà avec de lourdes conséquences que ce soit au niveau de la transition écologique, de la transition numérique… Il faut que nous aidions chacun à se repenser à l’aune de ces changements. Demain ne sera pas comme hier ou aujourd’hui.

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