La sécurité au travail, parlons-en !

Le 27/06/2019
par CMA de la Vienne
Les risques professionnels, vous en avez entendu parler ? Ils sont multiples et leur liste est longue comme un jour sans pain… Procéder à leur inventaire dans l’entreprise relève souvent du casse-tête ! Et pourtant…
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Pourtant, si vous employez du personnel, ou même juste un apprenti ou du personnel saisonnier, vous êtes concerné(e) ! Ne pas respecter les obligations légales dans ce domaine peut vous exposer à des graves sanctions judiciaires et pécuniaires. Surtout, ne prenez pas cette menace à la légère… Les cas d’entreprises ayant été condamnées pour le non-respect de leurs obligations légales en la matière sont nombreux, d’autant que les salariés n’hésitent pas à porter plainte et à obtenir réparation, même si le préjudice semble minime. Exemple ? Vous demandez à un salarié de changer une ampoule, il tombe de l’escabeau et se foule la cheville. Classique, facile à imaginer et pourtant souvent négligé, ce risque aurait dû être mentionné sur le « document unique », le fameux DUERP (pour document unique d’évaluation des risques professionnels).

Le DUERP est prévu par l’article R4121-1 du Code du travail. Il doit présenter un inventaire précis des risques identifiés dans chaque unité de travail de votre établissement ainsi que les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et pour la sécurité des salariés de votre entreprise (et pour vous-même, par la même occasion !).

Certains s’affranchissent de cette obligation en affichant un vague schéma trouvé sur Internet… Ce n’est évidemment pas suffisant, car non adapté à votre entreprise. En réalité, il faut que ce DUERP soit le point de départ d’une démarche globale de prévention. Le mieux, c’est de l’établir avec vos salariés, voire avec des personnes extérieures qualifiées ou des organismes comme la chambre de métiers et de l’artisanat. L’obligation est valable pour chacun des établissements si votre entreprise en compte plusieurs. En revanche, son format est libre, dès lors que vous respectez les différents points incontournables. Ainsi, le support peut être écrit ou numérique à condition que chaque salarié puisse y avoir accès. Il devra être mis à la disposition des salariés, en cas de contrôle, de l’inspecteur du travail, de la médecine du travail ou encore de la sécurité sociale.

Identifier les dangers

En termes de méthodologie, il convient de respecter deux étapes essentielles : l’identification des dangers et l’analyse des risques. Pour autant, il ne faut pas tomber dans la paranoïa… Par exemple, il n’est pas nécessaire d’obliger vos salariés à porter un équipement digne de Robocop sous prétexte qu’une rallonge électrique qui traîne risque d’occasionner une chute ! La réponse doit être appropriée à la nature du risque et à sa probabilité. C’est pourquoi le DUERP doit décrire l’environnement de travail, les produits et les matières utilisées, les équipements de travail et les méthodes d’organisation. On prendra soin, ensuite, de préciser le nombre de personnes potentiellement exposées, en précisant le lieu, la durée et les circonstances de cette exposition. Cela peut porter, par exemple, sur les produits chimiques ou les machines dites « dangereuses », mais on peut également citer l’exposition au froid ou à la chaleur. S’agissant des entreprises qui interviennent sur des chantiers, c’est le cas dans le secteur du bâtiment notamment, il est évidemment impossible de mesurer a priori les risques encourus sur chaque site… Dans ce cas, le document unique porte sur l’évaluation des risques inhérents à l’exercice du ou des métiers de l’entreprise. D’autres documents feront apparaître les risques spécifiques au chantier et c’est d’ailleurs le rôle des organismes de coordination SPS (sécurité et de protection de la santé) de s’en charger. De manière générale, plusieurs protocoles définissent les interactions entre les entreprises. Pour en revenir au DUERP, il faut savoir raisonner globalement, en ayant une approche par poste de travail (chacun étant spécifique), quitte à rédiger des notices. À noter qu’une mise à jour est obligatoire. Elle s’impose au moins une fois par an, voire davantage si vous décidez de procéder à un aménagement susceptible de modifier les conditions de travail, l’hygiène ou la sécurité au sein de l’établissement. Par conséquent, il est important de tout consigner et surtout, de dater vos documents.

Si vous êtes arrivé à lire cet article jusqu’ici, c’est que vous êtes intéressé, voire directement concerné… Il ne vous reste plus qu’à faire le premier pas pour vous engager dans cette démarche. Au fond, ce n’est pas si compliqué et, au-delà de satisfaire à une obligation réglementaire, vous avez possibilité de faire de ce fameux DUERP un véritable outil de management au sein de votre entreprise.

La chambre de métiers et de l’artisanat est à votre entière disposition pour analyser vos besoins et vous proposer un accompagnement pouvant aller jusqu’à la finalisation de ce fameux DUERP.

Nos chargées de mission hygiène, sécurité, environnement et accessibilité sont à votre service :
Isabelle de La Rua - 05 49 88 46 50 ou i.delarua@cm-86.fr
Laurence Plicaud – 05 49 88 47 80 ou l.plicaud@cm-86.fr

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