À la rentrée au CFA des métiers

Des ambulanciers formés en alternance

Le 26/06/2019
par CMA de la Dordogne
Difficile, voire impossible de recruter des ambulanciers diplômés, particulièrement en Dordogne ? Le constat semble unanime du côté des entreprises spécialisées, posant à terme la question de l’accès aux soins pour la population d’un département rural. Face à des professionnels qui ont de plus en plus de mal à trouver du personnel qualifié lorsqu’ils sollicitent Pôle emploi, une réflexion a été menée sur la filière médico-sociale et la décision a été prise d’ouvrir une formation au Diplôme d’État Ambulancier (DEA) en alternance et en apprentissage en Dordogne, au CFA des métiers, à compter de septembre 2019.
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La première promotion comptera au maximum 20 inscrits, dont la moitié sont des personnes déjà salariées pour lesquelles il s’agira d’une formation interne à leur entreprise. Pour les autres, des demandeurs d’emploi qui souhaitent entrer dans la profession, en plus des épreuves écrites et orales d’admissibilité, il y aura une obligation préalable : effectuer 140 heures d’immersion en entreprise, pour avoir un premier aperçu des conditions d’exercice du métier et être évalué.

« Cette première année est une expérimentation, en partenariat avec la Croix-Rouge, une extension du centre de formation de Pau, explique Frédéric Serveau, responsable du service Formation de la CMAI 24, mais l’extrême intérêt des chefs d’entreprise du département confirme la nécessité de conserver cette formation les années suivantes. »

« Cette première année est une expérimentation mais l’extrême intérêt des chefs d’entreprise du département confirme la nécessité de conserver cette formation les années suivantes. »

Cette création s’inscrit en plein dans la réforme de la formation, en proposant une offre de proximité, dans un domaine où les centres de formation les plus proches se situaient jusqu’alors à Bordeaux ou Pau.

« C’est aussi une démonstration de l’investissement des partenaires sur le développement de notre campus de la formation, avec l’ouverture de nouvelles filières », rappelle encore Frédéric Serveau.

L’avis des pros

« Une occasion rêvée »

Lauranne Barbier, gérante des ambulances Barbier à Brantôme, intégrera elle-même la formation à la rentrée. « J’ai toujours voulu passer mon DEA mais sans alternance, aller à Bordeaux, Angoulême ou Pau pour une formation en continu sur plusieurs semaines ou mois, ce n’était pas envisageable. Là, c’est une occasion rêvée. Et dans une optique d’embauche, on trouve plus facilement des auxiliaires que des DEA, donc si je suis diplômée, ça me permettrait de recruter un auxiliaire pour partir avec lui ou elle en intervention. Nous avons déjà 5 DEA à temps plein dans notre effectif, c’est toujours intéressant d’en avoir un de plus. »

 « Offrir une possibilité d’évoluer »

Patrick Martin, gérant des ambulances Martin de Mussidan, fait former l’un de ses salariés
et intégrera une nouvelle personne dans son entreprise par le biais de cette formation.
« Je gère mon entreprise avec ma sœur, nous avons envie de proposer à nos salariés la possibilité d’évoluer, s’ils le souhaitent, de ne pas les laisser toute leur vie professionnelle en tant qu’auxiliaire. Plus le personnel est formé, plus il est compétent. Même si un DEA suffit pour faire démarrer une ambulance, en avoir davantage est un atout : les responsabilités sont partagées, c’est valorisant pour les salariés et ça permet de toujours mieux prendre
en charge les patients. »

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