Vrai / faux

10 idées reçues sur la santé auditive

Le 31/12/2019
par Propos recueillis par Samira Hamiche
Ouvertes en permanence aux signaux sonores, nos oreilles sont des organes fragiles. Préservons-nous suffisamment notre capital auditif au travail ? Tour d’horizon des idées fausses ou fondées, avec Sébastien Leroy, membre de l’Association Journée nationale de l’audition (JNA).
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1.    Les métiers « de bureau » sont épargnés par les agressions phoniques.

VRAI ET FAUX

Les métiers de bureau ne sont pas exposés aux risques de surdités professionnelles tels que peuvent l’être les métiers de l’Artisanat, où se conjuguent les effets auditifs et extra-auditifs du bruit. Toutefois, ces derniers sont très présents dans les bureaux et les risques santé sont de fait élevés. A fortiori, en fatiguant les cellules de l’oreille, elles peuvent lâcher à tout moment.

2.    Dans certains métiers (bâtiment, etc.), la perte auditive est une fatalité.

FAUX

La perte auditive n’est pas une fatalité. Il est nécessaire que, collectivement et individuellement, le bruit soit considéré comme un ennemi santé afin d’enrayer les dégâts auditifs, et plus largement de l’équilibre de santé et de vie sociale.  Dans certains secteurs d’activité, le management de proximité est impliqué dans cet objectif et les résultats sont bons. Cela permet de développer de bonnes pratiques de prendre soin de soi et des autres… Et donc des politiques de bienveillance en entreprise.

3.    Mettre en place des protections individuelles (bouchons, etc.) est plus important que de prendre des mesures collectives.

FAUX

La règlementation oblige en première intention à réduire les émissions sonores à leur source. Les mesures individuelles de port de protections individuelles contre le bruit ne doivent intervenir qu’en cas de bruit résiduel.

4. Les salles de pause sont souvent bien pensées et permettent de reposer correctement ses oreilles.

FAUX

La majorité des salles de pause n’ont pas été pensées comme des espaces de repos « auditif ». Cela questionne le sens donné à « pause » et « salle de pause » dans les entreprises, autrefois appelées « salles de repos ». 

5.    Certains s’adaptent mieux au bruit que d’autres.

FAUX

Physiologiquement, les mécanismes de l’audition sont les mêmes pour tous. Par contre, la perception du son diffère d’un individu à un autre. Ainsi, un son agréable pour un collègue peut nous paraître désagréable. On parle de dimension « psycho-émotionnelle » du son.

6.    Investir dans l’isolation phonique revient cher.

VRAI ET FAUX

La correction acoustique réalisée a posteriori peut vite paraître onéreuse. Or, associée à une étude d’impact de gains forme et santé, il est possible d’en tirer un retour sur investissement très rapidement. Il est préférable d’intégrer la dimension acoustique et ses impacts santé dans les réflexions en amont de la construction des bâtis. L’optimum sera alors supérieur. 

7.    Les acouphènes peuvent être annonciateurs de surdité.

VRAI ET FAUX

Les acouphènes, sifflements et bourdonnements peuvent survenir sans perte auditive associée. Mais dans la majorité des cas, et surtout après 50 ans, les deux phénomènes sont associés. Il convient de consulter au plus tôt.

8.    Écouter de la musique peut aider à soigner les acouphènes.  

VRAI ET FAUX 

Il n’est pas possible de soigner complètement les acouphènes, mais il existe des solutions pour mieux vivre avec. Les couvrir par une petite musique de fond lors de l’endormissement fait partie des bonnes pratiques. 

 
9.    La perte auditive est irréversible.

VRAI
       
A ce jour, il n’existe pas de solutions de guérison de la perte auditive. Pour autant, il est nécessaire de la compenser grâce au port d’aides auditives afin de permettre au cerveau de continuer à être correctement stimulé. Dans le cas contraire, les pathologies du vieillissement sont accélérées.

10.    On se protège mieux qu’il y a quelques années.

VRAI

Les protections individuelles contre le bruit sont de plus en plus présentes et portées. La réglementation et les impulsions gouvernementales ont produit leurs effets. Aujourd’hui, il reste urgent d’atteindre le port continu à 100%. Les salariés doivent les considérer comme un ami santé et non comme une con-trainte. Par ailleurs, les réflexions collectives contre le bruit se développent car la conscience de la nuisance du bruit sur l’être humain augmente.
 

Pour aller plus loin

Une récente étude Ifop pour l’Association JNA indique qu’en France, plus d’un actif sur deux (59 %) déclare être gêné par le bruit et les nuisances sonores sur son lieu de travail.
>> www.sante-auditive-autravail.org 

Retrouvez les guides « Santé auditive au travail » de l’Association Journée nationale de l’audition (JNA) sur son site : www.journee-audition.org

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